Les 7 notes de l'arc-en-ciel sur les mains

Auto portrait

La peinture, comme la musique, ne sont pas des activités salissantes.

A condition d'enfiler un vêtement de protection.


En acceptant de me faire offrir ma première panoplie d'artiste peintre et en refusant de me protéger des jets de peinture ou d'encre, j'ai irrémédiablement gâté maints vêtements neufs. C'est l'effet secondaire du traitement contre l'engourdissement. Mais les récentes avancées en recherche médicale n'y peuvent rien et aujourd'hui encore, je mesure la sensation exquise de liberté que je m'accorde, de ne pas (ou mal) me protéger des impacts multicolores. C'est fou ce que les créatifs peuvent être espiègles ou frondeurs parfois...!

 

La mutinerie tranquille s'arrange toujours pour sauver l'essentiel.

Je suis donc passé de la photo à la peinture, par le chemin des écoliers. Il faut dire que l'itinéraire m'a tout de même pris près de 40 ans. J'ai parfois été un peu lent dans mon cheminement intellectuel. Et comme d'autres photographes avant moi, j'ai alors voulu me libérer de l'étreinte imposée par la nécessité commerciale de figurer la réalité, pour débrider enfin cet imaginaire qui m'envoyait des appels de détresse aux dernières années de cette vie d'alors. Le passage du champ de la photo d'illustration économiquement codifié à celui d'un monde de non droit dont l'artiste fixe lui-même ses valeurs nouvelles, se fait un jour en poussant une porte prometteuse de libre fantaisie et d'ivresse. Une fois la porte verrouillée et la clé jetée, il n'est pas de retour possible. De ce côté, les codes de la représentation de la réalité à valeur ajoutée discutable, n'ont plus cours. Le reporter photographe doit se débarrasser du superflu et tout remettre à plat. Enfin presque! Car il gardera toujours dans son bagage, le sens instantané du cadrage, la notion de valeur des tons, la rigueur sélective du sujet ou du motif éventuellement, le sens de la synthèse, le goût de l'économie de moyens, ou au contraire, la recherche de l'exubérance des effets.

 

La renaissance dans la continuité.

En contradiction avec ma vie antérieure gouvernée par la nécessité de rentabilité, mon univers est donc aujourd'hui empreint de poésie et d'irréel. On dit qu'une pointe de symbolisme peut même y affleurer.

Quelques touches d'humour enfin tentent d'y combattre nos certitudes imbéciles. Ainsi, çà et là, sont laissés des indices qui permettent au regardeur d'évoluer dans le tableau s'il a l'humeur vagabonde.

 

Je ne me revendique comme le fils d'aucun maître en particulier. Je suis l'humble héritier de tous. Ainsi, je laisse mes visiteurs spéculer sur la diversité et l'origine de mes sources d'inspiration.

 

Dans sa fonction sacrée, l'oeuvre d'art ne trouve réellement sa justification qu' à l'instant où elle suscite l'émotion de celle ou de celui qui la regarde. Car, au delà de la raison du talent, nous touchons ici au registre subtil de la sensibilité, du vécu de chacun et... des probabilités de rencontres.